L'ambition compte : pourquoi un homme qui s'oublie finit par moins plaire

Tu as tout donné au couple : ton temps, ton énergie, tes week-ends. Et pourtant, tu sens qu'elle te regarde moins. Ce n'est pas de l'ingratitude. Un homme qui n'a plus de projet à lui finit souvent par s'éteindre, et ça se voit. L'ambition dont on parle ici n'a rien à voir avec l'argent.

Lecture : 7 minutes · Début libre, suite réservée aux membres

Le plus beau cadeau que tu peux faire à quelqu'un qui t'aime, c'est de rester quelqu'un.

Il y a un film qui met beaucoup d'hommes mal à l'aise : Blue Valentine, de Derek Cianfrance (2010). On y suit Dean et Cindy, de leur coup de foudre à l'usure de leur mariage. Dean est tendre, drôle, un père formidable. Mais il n'a plus aucun projet en dehors du foyer. Il boit un peu trop, travaille sans envie, et répond à chaque inquiétude de Cindy par « je suis là, qu'est-ce que tu veux de plus ? ». Elle, de son côté, s'éloigne, épuisée.

Certains en tirent une conclusion amère : les femmes mépriseraient les hommes dévoués. C'est faux, et c'est injuste. Le film ne dit pas que la tendresse ne vaut rien. Il montre qu'un homme qui a renoncé à lui-même finit par peser, même quand il aime. Et ça, c'est une leçon utile.

Ce que « ambition » veut dire ici

Oublie l'image du cadre qui court après une promotion. L'ambition dont on parle, c'est avoir une direction. Quelque chose vers quoi tu avances, à ton rythme : un métier que tu veux exercer mieux, un diplôme, une maison à retaper, un marathon, un instrument, une association, un projet à monter. C'est l'envie de progresser, d'apprendre, de construire.

Ce n'est pas une question de salaire. Un éducateur passionné qui monte un club de foot pour les gamins de son quartier a plus d'ambition, au sens qui compte ici, qu'un homme bien payé qui se traîne au bureau sans rien attendre de sa vie.

Ce que montrent les recherches

Dans l'enquête de David Buss sur 37 cultures (1989), l'« ambition et l'ardeur au travail » figurent parmi les qualités que les femmes valorisent en moyenne un peu plus que les hommes chez un partenaire. Rien d'exclusif : c'est une préférence moyenne, qui vient après la gentillesse et l'intelligence.

Plus parlant : en 2016, la sociologue Alexandra Killewald, de Harvard, a étudié plus de 6 300 couples américains suivis pendant des décennies. Pour les couples mariés à partir de 1975, ce n'étaient ni les revenus du ménage, ni le travail des femmes qui étaient liés au risque de divorce. Le facteur associé à un risque plus élevé était le fait que le mari ne travaille pas à temps plein.

Il faut lire ce résultat avec prudence. C'est une corrélation, sur des couples américains, et elle ne dit pas qu'un homme au chômage « mérite » d'être quitté. Une perte d'emploi abîme souvent le moral, l'estime de soi, l'humeur, et c'est cela qui pèse sur le couple, autant que la situation elle-même. Mais l'étude dit quelque chose d'important : ce n'est pas l'argent qui compte, c'est le fait d'être engagé dans quelque chose, d'avoir une place, un rôle, un élan.

Ta première fiche, offerte

Les 9 erreurs du premier rendez‑vous

Celles qu'on fait presque tous, et quoi faire à la place. Avec son exercice et son défi de 7 jours.

Ton adresse sert à t'envoyer la fiche. Désinscription en un clic.Voir la fiche offerte →
Sources
  1. Killewald A. 2016, « Money, Work, and Marital Stability: Assessing Change in the Gendered Determinants of Divorce », American Sociological Review 81(4)
  2. Buss D. M. 1989, « Sex differences in human mate preferences », Behavioral and Brain Sciences 12(1)
  3. Blue Valentine, film de Derek Cianfrance, 2010

À lire aussi