On ne te demande pas d'être sûr de toi. On te demande d'arrêter de laisser ton trac parler à ta place.
Tu as sans doute déjà remarqué ce phénomène. Deux hommes entrent dans une pièce, habillés pareil, de taille semblable. L'un attire naturellement les regards et l'attention, l'autre se fond dans le décor. Quand le premier parle, on l'écoute. Quand le second parle, on lui demande de répéter.
On appelle ça le charisme, et on le croit inné. Ce qui l'est peut-être, c'est l'énergie de certains tempéraments. Mais une bonne partie de ce qu'on perçoit comme de la « présence » repose sur des gestes très simples : comment tu te tiens, où va ton regard, à quelle vitesse tu parles. Et ces gestes se travaillent.
Ce que disent les études, et ce qu'elles ne disent pas
Les premières secondes comptent vraiment
En 1993, les psychologues Nalini Ambady et Robert Rosenthal ont montré à des inconnus des extraits vidéo muets de quelques secondes d'enseignants en train de faire cours. Les jugements portés sur ces extraits très courts prédisaient de façon frappante les évaluations faites par les étudiants à la fin du semestre. Le langage du corps transmet beaucoup, et très vite.
Deux idées célèbres à oublier
La « règle des 7-38-55 ». Tu as peut-être lu que la communication serait à 7 % verbale, 38 % vocale et 55 % non verbale. Ce chiffre vient d'expériences d'Albert Mehrabian, à la fin des années 1960, qui portaient sur des situations très particulières : des mots isolés exprimant un sentiment, quand le ton et l'expression contredisaient le sens. Mehrabian lui-même a mis en garde contre l'usage général de ces chiffres. Ce que tu dis compte, évidemment.
Les « postures de pouvoir ». En 2010, une étude très médiatisée affirmait que tenir deux minutes une posture de puissance (mains sur les hanches) changeait les hormones et la prise de risque. En 2015, une équipe menée par Eva Ranehill a tenté de reproduire l'expérience sur un échantillon plus large : aucun effet hormonal, ni sur la prise de risque. Le seul effet qui semble tenir est modeste : on se sent un peu plus puissant. Le débat scientifique se poursuit, mais retiens ceci : il n'existe pas de pose magique.
Voici les cinq réglages qui comptent, avec pour chacun le geste précis à travailler et l'erreur à corriger.
Les 5 réglages
1. La posture : droit, ouvert, ancré
Imagine un fil qui tire le sommet de ton crâne vers le plafond. Épaules basses et légèrement en arrière, pas bombées comme un militaire. Menton à l'horizontale. Debout, pieds à largeur de bassin, poids réparti sur les deux jambes. Mains visibles, pas enfoncées dans les poches ni croisées en permanence.
Les 9 erreurs du premier rendez‑vous
Celles qu'on fait presque tous, et quoi faire à la place. Avec son exercice et son défi de 7 jours.
Ton adresse sert à t'envoyer la fiche. Désinscription en un clic.Voir la fiche offerte →- Ambady et Rosenthal 1993, Half a minute: Predicting teacher evaluations from thin slices of nonverbal behavior and physical attractiveness, Journal of Personality and Social Psychology
- Carney, Cuddy et Yap 2010, Power posing, Psychological Science
- Ranehill et al. 2015, Assessing the robustness of power posing, Psychological Science
- Mehrabian et Wiener 1967 et Mehrabian et Ferris 1967 (études à l'origine de la « règle des 7-38-55 »)
- fiche 2.8 de la formation