Les études ne te disent pas qui tu dois être. Elles te disent surtout quoi arrêter de croire.
Tape « ce qui attire une femme » dans un moteur de recherche, et tu tomberas vite sur des affirmations très sûres d'elles. « Les femmes préfèrent les mâchoires carrées pendant l'ovulation. » « Elles notent la plupart des hommes sous la moyenne. » « Seul l'argent compte. » Le tout souvent assorti d'un « des études l'ont prouvé », sans jamais dire lesquelles.
Le problème n'est pas que ces sujets soient tabous. C'est qu'on y mélange tout : des résultats solides, répliqués dans des dizaines de pays, et des résultats fragiles, contestés par les chercheurs eux-mêmes. Quand on mélange le solide et le fragile, on finit par croire que tout est écrit d'avance, et qu'on n'y peut rien.
Alors faisons le tri, avec les vraies références. Tu vas voir que la bonne nouvelle est du côté des études solides.
Ce qui est solide : la gentillesse et l'intelligence arrivent en tête
L'enquête la plus citée sur le sujet est celle du psychologue David Buss, publiée en 1989 dans Behavioral and Brain Sciences. Il a interrogé plus de 10 000 personnes dans 37 cultures, sur six continents. On la cite souvent pour les différences entre hommes et femmes : les femmes y accordent en moyenne un peu plus d'importance aux perspectives financières, les hommes un peu plus à l'apparence.
Ce qu'on cite beaucoup moins, c'est le haut du classement. Dans la plupart des cultures, les deux sexes placent en tête les mêmes qualités : être gentil et compréhensif, être intelligent, avoir une personnalité agréable. Autrement dit, les différences existent, mais elles portent sur des critères de second rang. Sur l'essentiel, hommes et femmes cherchent à peu près la même chose : quelqu'un de bon, de vif, avec qui l'on se sent bien.
Une autre étude, celle de Norman Li et ses collègues (2002), a affiné l'idée avec une méthode astucieuse : donner aux participants un « budget » limité à répartir entre plusieurs qualités. Avec un petit budget, chacun garde l'indispensable. Les femmes y protègent un minimum de stabilité et de statut, les hommes un minimum d'attirance physique. Mais une fois ce seuil atteint, ce sont la gentillesse et la vivacité d'esprit qui reprennent la main. Un seuil, pas une enchère : c'est une différence capitale.
Ce qui est débattu : le cycle et les traits « masculins »
C'est le sujet préféré des forums. L'idée : pendant la période fertile de leur cycle, les femmes seraient davantage attirées par les visages très masculins, les voix graves, certaines odeurs. On le présente souvent comme une vérité biologique. La réalité scientifique est bien plus incertaine.
Les 9 erreurs du premier rendez‑vous
Celles qu'on fait presque tous, et quoi faire à la place. Avec son exercice et son défi de 7 jours.
Ton adresse sert à t'envoyer la fiche. Désinscription en un clic.Voir la fiche offerte →- Buss D. M. 1989, « Sex differences in human mate preferences: evolutionary hypotheses tested in 37 cultures », Behavioral and Brain Sciences 12(1)
- Gildersleeve K., Haselton M. G., Fales M. R. 2014, « Do women's mate preferences change across the ovulatory cycle? A meta-analytic review », Psychological Bulletin 140(5)
- Wood W., Kressel L., Joshi P. D., Louie B. 2014, « Meta-analysis of menstrual cycle effects on women's mate preferences », Emotion Review 6(3)
- Jones B. C. et al. 2018, « No compelling evidence that preferences for facial masculinity track changes in women's hormonal status », Psychological Science 29(6)
- Eastwick P. W., Luchies L. B., Finkel E. J., Hunt L. L. 2014, « The predictive validity of ideal partner preferences: a review and meta-analysis », Psychological Bulletin 140(3)
- Li N. P., Bailey J. M., Kenrick D. T., Linsenmeier J. A. 2002, « The necessities and luxuries of mate preferences », Journal of Personality and Social Psychology 82(6)