Le flou ne protège personne. Il repousse seulement le moment où quelqu'un aura mal.
Vous vous voyez depuis quelques semaines. C'est agréable, simple, léger. Vous dormez parfois ensemble, vous vous écrivez, mais vous n'avez jamais dit ce que c'était. Toi, tu te dis que c'est très bien comme ça. Ou au contraire, tu espères secrètement que ça devienne plus. Et tu n'oses pas poser la question, de peur de casser quelque chose.
Ce genre de situation est devenu très courant. On l'appelle parfois « relation sans prise de tête », ou par un anglicisme, la « situationship ». Le problème n'est pas qu'elle soit légère. Le problème, c'est quand chacun projette dessus quelque chose de différent, sans le dire. Dans la revue de recherche publiée par Justin Garcia et ses collègues en 2012 sur les relations sans engagement, un constat revient : une part importante des personnes qui vivent ces histoires espèrent, au fond, qu'elles débouchent sur une vraie relation. Un « sans lendemain » ne l'est pas toujours dans la tête des deux.
Les deux choix sont respectables
Il faut le dire clairement : vouloir une histoire légère n'est pas une faute. Après une rupture, pendant une période de transition, quand on n'a pas la place pour un couple, ou simplement parce qu'on n'en a pas envie, c'est un choix d'adulte. Vouloir une relation sérieuse ne l'est pas non plus : ce n'est pas être « lourd », « collant » ou « pressé ».
Ce qui n'est pas respectable, c'est de laisser l'autre dans le flou parce que ça t'arrange. Laisser croire à une histoire pour garder les avantages d'une relation sans en assumer aucun. Ou, à l'inverse, accepter un « rien de sérieux » en espérant secrètement la faire changer d'avis.
D'abord, savoir ce que tu veux
Beaucoup d'hommes restent dans le flou parce qu'ils ne savent pas eux-mêmes. Trois questions aident à y voir clair.
Si elle rencontrait quelqu'un d'autre demain, qu'est-ce que tu ressentirais ? Un pincement léger, ou un vrai coup ? C'est un bon thermomètre.
Est-ce que tu as envie de la présenter à tes amis ? De faire des projets au-delà du week-end prochain ?
Ce flou, il te convient à toi, ou il t'évite surtout une conversation ?
Le dire : quand ?
Le plus tôt possible, et en tout cas avant que les choses ne s'installent. Idéalement, avant que l'intimité ne devienne régulière, parce que c'est souvent là que les attentes se mettent à diverger. Ce n'est pas une conversation à avoir au premier verre (personne ne sait encore rien), mais elle ne doit pas attendre six mois non plus. Un bon repère : dès que tu sais ce que tu veux, ou dès que tu sens que l'autre attend quelque chose que tu n'es pas sûr de pouvoir donner.
Les 9 erreurs du premier rendez‑vous
Celles qu'on fait presque tous, et quoi faire à la place. Avec son exercice et son défi de 7 jours.
Ton adresse sert à t'envoyer la fiche. Désinscription en un clic.Voir la fiche offerte →- Garcia J. R., Reiber C., Massey S. G., Merriwether A. M. 2012, « Sexual hookup culture: a review », Review of General Psychology 16(2)