Une rencontre vient plus facilement à un homme qui a une vie qu'à un homme qui attend qu'elle commence.
Tu la croises au travail, au club, chez des amis. Vous avez parlé trois fois, peut-être bu un verre. Et déjà, dans ta tête, tout est écrit : elle est drôle, brillante, belle, différente de toutes les autres. Tu relis ses messages, tu imagines vos vacances, tu repousses les autres propositions « au cas où ». Tu ne l'as pas encore vraiment rencontrée, mais tu es déjà amoureux d'elle.
On a tous vécu ça au moins une fois. Ce n'est pas un défaut honteux : c'est souvent le signe d'un cœur disponible, et d'une vie où les rencontres sont rares. Mais il faut le dire franchement : cette façon d'aimer quelqu'un avant de le connaître joue presque toujours contre toi.
Idéaliser, ce n'est pas aimer : c'est aimer une image
Dans les années 1970, la psychologue américaine Dorothy Tennov a recueilli des centaines de témoignages de personnes amoureuses. Elle a donné un nom à un état particulier : la « limérence ». Pensées envahissantes tournées vers une seule personne, besoin intense que ce soit réciproque, humeur suspendue à ses moindres signaux, tendance à grossir ses qualités et à effacer ses défauts.
Ce que décrit Tennov, c'est un amour qui se nourrit surtout d'incertitude et d'imagination. Moins on en sait sur l'autre, plus on remplit les blancs avec ce qu'on espère. La femme réelle, avec ses doutes, ses mauvais jours et ses goûts qui ne sont pas les tiens, disparaît derrière un personnage que tu as écrit seul.
Une nuance importante
Attention à ne pas tout mélanger. Une étude connue de Sandra Murray et ses collègues (1996) a montré que, dans les couples installés, voir son partenaire un peu plus positivement qu'il ne se voit lui-même va de pair avec plus de satisfaction. Avoir un regard bienveillant sur la personne qu'on connaît, c'est sain. Le problème, c'est d'idéaliser quelqu'un qu'on ne connaît pas encore. Dans un cas, on embellit une personne réelle. Dans l'autre, on invente une personne.
Pourquoi ça fait fuir
Elle sent le poids que tu mets sur elle
Quand un homme qu'elle connaît à peine la traite comme la réponse à toute sa vie, une femme ne se sent pas flattée très longtemps. Elle se sent observée, attendue, chargée d'une mission qu'elle n'a pas choisie. Les messages trop longs, les cadeaux trop tôt, les « je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi » au deuxième verre : tout cela dit « j'ai besoin que ce soit toi ». Et ce besoin-là est lourd à porter.
Les 9 erreurs du premier rendez‑vous
Celles qu'on fait presque tous, et quoi faire à la place. Avec son exercice et son défi de 7 jours.
Ton adresse sert à t'envoyer la fiche. Désinscription en un clic.Voir la fiche offerte →- Tennov D. 1979, Love and Limerence: The Experience of Being in Love, Stein and Day
- Murray S. L., Holmes J. G., Griffin D. W. 1996, « The benefits of positive illusions: idealization and the construction of satisfaction in close relationships », Journal of Personality and Social Psychology 70(1)