Peu de likes sur les applis ? Ce que disent les chiffres, et comment remonter

0,6 % de matchs pour les profils masculins dans une étude sur Tinder. Des femmes qui jugent sévèrement la majorité des photos d'hommes sur OkCupid. Les chiffres font mal, mais ils disent aussi autre chose : ce n'est pas toi, c'est le jeu. Et le jeu a des règles qu'on peut apprendre.

Lecture : 7 minutes · Début libre, suite réservée aux membres

Une appli ne mesure pas ce que tu vaux. Elle mesure ce qu'une photo dit de toi en une seconde.

Tu ouvres l'appli le soir, tu fais défiler, tu likes. Le lendemain, rien. Ou un match, qui ne répond jamais. Au bout de quelques semaines, une petite voix s'installe : « Il y a quelque chose qui cloche chez moi. » Et quand tu cherches une explication, tu tombes sur des chiffres brandis comme des verdicts : « 80 % des hommes sont jugés moches », « les femmes ne s'intéressent qu'à 20 % des hommes ».

Ces chiffres ont une origine réelle. Mais on les cite presque toujours de travers, et on en tire la mauvaise conclusion. Regardons-les de près, puis voyons ce que tu peux faire, concrètement, pour sortir du bas du classement.

Les chiffres, d'où ils viennent vraiment

Le fameux « 80 % » d'OkCupid

En novembre 2009, Christian Rudder, cofondateur du site OkCupid, publie sur le blog de l'entreprise un billet intitulé « Your Looks and Your Inbox ». Il y analyse les notes d'apparence que les utilisateurs se donnent entre eux. Constat : les hommes notent les femmes selon une courbe assez symétrique, centrée sur « moyen ». Les femmes, elles, notent beaucoup plus sévèrement : selon le billet, elles jugent environ 80 % des hommes moins beaux que la moyenne.

Voilà le chiffre. Maintenant, ce qu'on oublie de dire. Le même billet montre que, quand elles écrivent vraiment, les femmes contactent des hommes bien plus « moyens » que leurs notes ne le laissaient prévoir. Et ce sont les hommes qui concentrent leurs messages sur une minorité : environ deux tiers des messages masculins partent vers le tiers des femmes jugées les plus belles. Ajoute à cela que c'est un billet de blog d'entreprise, pas une étude publiée, sur des Américains utilisateurs d'un seul site en 2009. Intéressant, oui. Loi de la nature, non.

L'étude Tinder de 2016

Des chercheurs britanniques (Tyson et ses collègues, 2016) ont créé de faux profils sur Tinder pour observer ce qui se passait. Les profils masculins obtenaient un match pour 0,6 % de leurs likes ; les profils féminins, environ 10,5 %. Dans leur enquête complémentaire, la majorité des femmes estimaient liker 10 % des profils ou moins, contre une petite minorité d'hommes. Les chercheurs décrivent un cercle : les hommes likent presque tout pour compenser, les femmes, submergées, deviennent encore plus sélectives.

Ce que ces chiffres disent vraiment

Mis bout à bout, ils racontent une histoire cohérente, qui n'a rien à voir avec « les femmes sont impitoyables ».

Ta première fiche, offerte

Les 9 erreurs du premier rendez‑vous

Celles qu'on fait presque tous, et quoi faire à la place. Avec son exercice et son défi de 7 jours.

Ton adresse sert à t'envoyer la fiche. Désinscription en un clic.Voir la fiche offerte →
Sources
  1. Rudder C. 2009, « Your Looks and Your Inbox », blog OkTrends d'OkCupid (17 novembre 2009)
  2. Rudder C. 2014, Dataclysm, Crown
  3. Tyson G., Perta V. C., Haddadi H., Seto M. C. 2016, « A First Look at User Activity on Tinder », ASONAM 2016 (IEEE/ACM)
  4. Bruch E. E., Newman M. E. J. 2018, « Aspirational pursuit of mates in online dating markets », Science Advances 4(8)
  5. Ifop 2021, enquête sur l'usage des sites et applis de rencontre en France

À lire aussi