Le désir n'est pas une flamme qu'on a ou qu'on n'a plus. C'est un feu qu'on entretient, ou qu'on laisse s'éteindre.
Au début, il suffisait d'un regard. Vous ne pouviez pas vous croiser dans un couloir sans vous embrasser. Puis la vie s'est installée : le travail, l'appartement, peut-être des enfants, la fatigue. Le désir n'a pas disparu, mais il se fait attendre. Parfois, l'un en a envie et l'autre non. Parfois, ni l'un ni l'autre n'y pense plus vraiment.
C'est l'une des évolutions les plus courantes et les moins dites de la vie à deux. Beaucoup de couples la vivent comme un échec silencieux. Elle n'en est pas un. Le désir du début, nourri par la nouveauté et l'incertitude, se transforme presque toujours avec le temps. Ce qui fait la différence entre les couples qui gardent l'envie et les autres, ce n'est pas la chance. Ce sont des habitudes.
Avant les habitudes, une idée qui change tout
La médecin et sexologue canadienne Rosemary Basson a proposé en 2000 un modèle devenu très influent. Dans une relation installée, le désir n'arrive pas toujours « avant ». Il est souvent réactif : il naît en chemin, une fois qu'on a commencé à se rapprocher, à se toucher, à se sentir bien ensemble. Ce modèle a d'abord été décrit pour les femmes, mais beaucoup d'hommes s'y reconnaissent aussi, surtout avec les années.
Conséquence très concrète : attendre d'avoir « vraiment envie » pour se rapprocher, c'est parfois attendre longtemps. Ce qui marche mieux, c'est de créer les conditions où l'envie peut naître, sans obligation d'aller au bout. Toutes les habitudes qui suivent reposent sur cette idée.
Habitude n° 1 : se toucher sans but
Un câlin dans la cuisine, une main dans le dos, se blottir sur le canapé, un massage des épaules. Dans beaucoup de couples, les gestes tendres disparaissent parce qu'ils sont devenus des « demandes » déguisées : chaque caresse signifie « on y va ? ». Résultat, l'autre se méfie, et on se touche de moins en moins. Remets de la tendresse gratuite, sans attente. C'est elle qui rend le reste possible.
Habitude n° 2 : vivre des choses nouvelles ensemble
L'étude d'Arthur Aron et ses collègues (2000) l'a montré : partager des activités nouvelles et un peu stimulantes renforce la qualité de la relation, plus que des activités agréables mais familières. Une randonnée inconnue, un cours de danse, une ville jamais visitée, un concert d'un genre que vous ne connaissez pas. La nouveauté réveille l'attention, et l'attention réveille le désir.
Les 9 erreurs du premier rendez‑vous
Celles qu'on fait presque tous, et quoi faire à la place. Avec son exercice et son défi de 7 jours.
Ton adresse sert à t'envoyer la fiche. Désinscription en un clic.Voir la fiche offerte →- Basson R. 2000, « The female sexual response: a different model », Journal of Sex & Marital Therapy 26(1)
- Aron A. et al. 2000, « Couples' shared participation in novel and arousing activities and experienced relationship quality », Journal of Personality and Social Psychology 78(2)
- Muise A., Schimmack U., Impett E. A. 2016, « Sexual frequency predicts greater well-being, but more is not always better », Social Psychological and Personality Science 7(4)
- Perel E. 2006, Mating in Captivity, HarperCollins (trad. fr. L'Intelligence érotique, 2007)
- Johnson M. D., Galambos N. L., Anderson J. R. 2016, « Skip the dishes? Not so fast! Sex and housework revisited », Journal of Family Psychology 30(2)