Aborder une femme dans la rue : encore possible, et comment le faire bien

Tu as croisé son regard sur un trottoir, et tu t'en veux encore de n'avoir rien dit. Aborder dans la rue n'est pas interdit. Mais c'est l'exercice le plus délicat qui soit, parce qu'elle ne te connaît pas et ne sait pas qui tu es. Voici quand c'est envisageable, quand c'est non, et comment le faire sans jamais devenir un problème pour elle.

Lecture : 8 minutes · Inspiré de la fiche 3.2 de la formation · Début libre, suite réservée aux membres

Dans la rue, tu n'as qu'une seule chose à prouver : que tu sais partir.

C'est une scène que beaucoup d'hommes connaissent. Un samedi après-midi, une femme sort de la librairie au moment où tu passes. Vos regards se croisent, elle sourit à moitié. Tu continues ton chemin, et pendant une heure, tu te répètes : « J'aurais dû dire quelque chose. » Puis tu te demandes si, de toute façon, ça se fait encore.

La réponse franche : oui, c'est encore possible, et certaines belles histoires ont commencé comme ça. Mais la rue est le terrain le plus difficile qui soit, pour une raison simple : contrairement à un club, une soirée ou un cours, vous ne partagez rien. Elle ne sait rien de toi. Elle ne sait pas si tu es quelqu'un de bien, ou l'un de ces hommes qui insistent, suivent, commentent.

Ce que vivent beaucoup de femmes dans l'espace public

En 2015, le Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes a publié un avis sur le harcèlement dans les transports. Lors d'une consultation menée auprès de 600 femmes de Seine-Saint-Denis et d'Essonne, toutes disaient avoir subi au moins une fois du harcèlement sexiste ou une agression sexuelle dans les transports en commun. L'échantillon est limité à deux départements, mais le message est clair : beaucoup de femmes ont appris à se méfier d'un inconnu qui les aborde.

Ce n'est pas une accusation contre toi. C'est le contexte dans lequel ta phrase arrive. Tu as peut-être les meilleures intentions du monde, mais elle, à cet instant, ne peut pas le savoir. Ton seul moyen de le lui montrer, c'est la façon dont tu te comportes pendant les trente secondes qui suivent.

La loi, elle, a tranché sur les comportements inacceptables : imposer à une personne des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste qui la dégradent, l'humilient ou créent une situation intimidante constitue un outrage sexiste et sexuel, puni par le Code pénal (article R625-8-3, et article 222-33-1-1 dans les cas aggravés, notamment dans les transports en commun).

À reteniraborder dans la rue, c'est demander à une inconnue quelques secondes de son attention. Elle ne te doit rien, et tout ton comportement doit lui montrer qu'elle peut dire non sans aucun risque.

Alors, dans quelles conditions c'est envisageable, et comment s'y prendre pour que l'échange reste un bon moment pour elle, même si elle dit non ?

Quand c'est non, sans discussion

Commençons par la liste la plus importante. Dans ces situations, tu ne dis rien, même si elle te plaît énormément :

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Sources
  1. Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes, avis sur le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun, avril 2015
  2. Code pénal, articles R625-8-3 et 222-33-1-1 (outrage sexiste et sexuel), Légifrance
  3. fiche 3.2 de la formation

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