Trop rapide ? Ce que disent les médecins sur l'éjaculation précoce

C'est l'une des inquiétudes intimes les plus fréquentes chez les hommes, et l'une des moins dites. Bonne nouvelle : la médecine la connaît bien, elle a une définition précise, et des solutions qui marchent. Voici ce qu'il faut savoir, sans honte et sans fausses promesses.

Lecture : 8 minutes · Début libre, suite réservée aux membres

Ce n'est pas un défaut de virilité. C'est un réflexe, et un réflexe, ça s'apprivoise.

Tu as l'impression que tout va trop vite. Parfois, tu évites même l'intimité pour ne pas revivre ce moment de gêne. Tu as cherché des réponses sur internet et tu es tombé sur des pilules miracles, des crèmes douteuses, des forums anxiogènes. Ou sur des vidéos qui t'ont convaincu que la norme, c'était une demi-heure.

Respire. Ce sujet est l'un des motifs de consultation les plus courants en sexologie. Les médecins en parlent sans gêne, ils ont des définitions précises, et des solutions qui ont fait leurs preuves. La première étape, c'est de savoir de quoi on parle vraiment, parce que beaucoup d'hommes qui s'inquiètent sont en réalité dans la norme.

La norme réelle : bien loin de ce que tu imagines

En 2005, le psychiatre néerlandais Marcel Waldinger et ses collègues ont publié une étude originale dans le Journal of Sexual Medicine. Ils ont demandé à environ 500 couples de cinq pays de mesurer, avec un chronomètre, pendant quatre semaines, le temps entre le début de la pénétration et l'éjaculation. Résultat : une durée médiane d'environ 5,4 minutes, avec de grandes variations d'un homme à l'autre, et une tendance à diminuer avec l'âge.

Cinq minutes. Pas trente. Si tu te compares à ce que montrent les films pour adultes, montés, coupés, tournés en plusieurs prises, tu te compares à une fiction.

Ce que les médecins appellent éjaculation précoce

La Société internationale de médecine sexuelle (ISSM) a proposé en 2014 une définition qui sert de référence. On parle d'éjaculation précoce quand trois éléments sont réunis :

  1. Un délai court : presque toujours en moins d'une minute environ depuis les premiers rapports (forme dite « primaire »), ou une baisse nette et gênante du délai, souvent autour de trois minutes ou moins, chez un homme qui ne l'avait pas avant (forme « acquise ») ;
  2. L'impossibilité de retarder l'éjaculation, presque à chaque fois ;
  3. Des conséquences négatives : détresse, frustration, évitement de l'intimité.

Les estimations de fréquence varient énormément selon la définition utilisée : beaucoup d'hommes se plaignent de « venir trop vite » à un moment de leur vie, mais ceux qui répondent à la définition médicale stricte sont bien moins nombreux. Retiens surtout ceci : le critère qui compte, ce n'est pas le chronomètre seul, c'est la gêne que tu ressens, et celle que vous ressentez à deux.

D'où ça vient

Les causes sont souvent mêlées, et presque jamais honteuses.

Ta première fiche, offerte

Les 9 erreurs du premier rendez‑vous

Celles qu'on fait presque tous, et quoi faire à la place. Avec son exercice et son défi de 7 jours.

Ton adresse sert à t'envoyer la fiche. Désinscription en un clic.Voir la fiche offerte →
Sources
  1. Waldinger M. D. et al. 2005, « A multinational population survey of intravaginal ejaculation latency time », Journal of Sexual Medicine 2(4)
  2. Serefoglu E. C. et al. 2014, « An evidence-based unified definition of lifelong and acquired premature ejaculation: report of the second International Society for Sexual Medicine ad hoc committee », Journal of Sexual Medicine 11(6)
  3. AIUS 2023, recommandations françaises pour la prise en charge de l'éjaculation prématurée [référence exacte à vérifier]
  4. Semans J. H. 1956, « Premature ejaculation: a new approach », Southern Medical Journal 49(4)
  5. Masters W. H., Johnson V. E. 1970, Human Sexual Inadequacy

À lire aussi